Chorégraphier le héros dans l’art grec

Date – Heure

Fri 12/10/18 – 18h15

Durée

1h15

Adresse – Salle

45 rue d’Ulm, Paris – Salle des Actes

Présentation

Au cours de cette séance, nous nous intéresserons à un geste caractéristique des héros dans l’art grec antique : la « diagonale héroïque ». Il s’agit du mouvement par lequel un personnage se projette énergiquement dans une direction en formant une oblique, souvent pour attaquer un adversaire, tels les deux chasseurs affrontant un lion sur cette mosaïque du 4e siècle.

Le motif de la « diagonale héroïque » nous étonne par son immense popularité dans l’imagerie grecque. Pendant près de cinq siècles (ca. 500 – 31 avant J.-C.), on le rencontre partout, dans toutes les formes d’art produites aux quatre coins du monde hellénique – soit de l’Asie Mineure à l’est jusqu’à l’Italie du Sud à l’ouest.

L’emploi de ce motif crée donc une parenté étroite entre des œuvres produites dans des contextes géographiques et chronologiques extrêmement distants. L’étude de la « diagonale héroïque » nous invite par conséquent à nous interroger sur ce qui fonde l’unité de l’art grec. Alors que ce que nous appelons « le monde grec antique » est un ensemble fractionné, caractérisé par une très grande extension dans le temps et dans l’espace, pourquoi pouvons-nous parler d’un art grec ?

La popularité de la « diagonale héroïque » est un indice de l’unité de cet art. Ce motif fait partie d’un répertoire formel commun dans lequel puisent tous les artistes. Partant de ce constat, nous chercherons à cerner l’esthétique partagée qui, à partir de 500 avant J.-C., gouverne notamment la représentation du corps en mouvement. Nous évoquerons également les conditions matérielles de cette commune culture artistique : soit, dans un monde non pourvu des technologies de communication modernes, les moyens concrets par lesquels les images voyagent dans l’espace et dans le temps.

Exposant·e